Politique française, mars 2025
Par Laurence Waki

Enfin le printemps, ses arbres en fleurs, ses jonquilles, le pépiement des moineaux, le chant des tourterelles, pouvoir ré-ouvrir ses fenêtres quand les températures s’adoucissent, quand renaît en soi cet enthousiasme d’un renouveau, que germent de nouveaux projets. Cette énergie que l’on sent monter en soi, jusqu’à ce rappel qui bloque tout élan. Ces mois de mars qui désormais se conjuguent avec le mot guerre.
Des mois de mars qui se suivent et malheureusement contrairement à l’adage, se ressemblent.(*1) Mars 2020, le « nous sommes en guerre » de Macron menant à cet enfermement des Français. Mars 2021, j’écrivais : « Un an de maltraitance gouvernementale ; de nos Institutions, de notre Constitution, de nos libertés fondamentales, de notre santé, de notre Économie, de nos enfants, de nos aînés. », où nous étions sous état d’urgence sanitaire « jusqu’à nouvel ordre », qui me faisait écrire en réaction cet aphorisme :
« Le besoin de Puissance qui passe par la domination sur autrui est d’autant plus pressant chez les Impuissants.» LW
Mars 2022, nous apprenions que Macron était candidat à sa succession présidentielle. Un répit ? Qui aussi pouvait s’enchaîner avec son départ de la présidence voulu par les Français ? Quand un deuxième mandat lui a été donné. Révélant en mars 2023, son absence d’égard pour les Français en pleine contestation contre la réforme des retraites, trop occupé à Kinshasa à nous montrer son grand intérêt pour une fête alcoolisée là-bas, notamment ; prémisses à d’autres démonstrations d’amitiés viriles.
Puis il y a un an, en mars 2024, cette déclaration d’un soutien « sans limite » à l’Ukraine. Un Macron qui déclarait tout seul la guerre. À m’interroger de « quel pouvoir peut avoir Macron ? Peut-il à lui tout seul déclencher la troisième guerre mondiale ? ». Rétorquant dans ce billet d’humeur avec ce livre La guerre de Troie n’aura pas lieu de Jean Giraudoux, pièce montée à l’origine par Jean Vilar, dont les propos nous offrent cette réponse fondamentale à ne pas oublier :
« (…) C’est utile de rappeler aux hommes à quel point les solutions humaines par la guerre sont bêtes et sont sottes, et sont engagées très souvent par les plus sots qui appartiennent à deux pays en guerre. »
Et le clore avec cette sentence : « Mars est moins le mois de la guerre, que celui des combats. Ce combat d’aujourd’hui à empêcher que les portes de la guerre ne s’ouvrent. À louer Mars en dieu du combat, du combat pour la Paix. »
Mais ce climat oppressif ne remonte-t-il que depuis 2020, comme semble l’indiquer ces 5 ans après, avec deux versions diamétralement opposée, celle qui valide les mesures dites sanitaires avec pourtant ses flots d’injonctions contradictoires, et celle qui avec ce récapitulatif de mesures liberticides voire criminelles, réclame réparation et justice. Rappelons ici cette phrase de Macron en mars 2018,(*2) même pas un an après son élection, s’adressant aux agriculteurs : « Je ne suis pas là pour plaire, mais pour faire ». Le ton était donné bien avant !
À en conclure comme cette chanson de Yves Montand, que depuis qu’Emmanuel Macron a pris la tête du pays, « C’est le printemps qu’on enterre. », au lieu de chanter « Y’a d’la joie » avec Charles Trenet, narrant son rêve face à un ciel gris, quand aussi à s’étonner aujourd’hui que notre ciel a pris de plus en plus souvent une couleur crème plutôt que bleu…
Ainsi à se relire et le partager, ce que permet l’écrit, d’ainsi retrouver la mémoire, à voir ce fil conducteur, à comprendre la logique des évènements, mais aussi à faire remonter les mauvais souvenirs, même à réactiver les traumatismes ; ces douleurs qu’on croyait cicatrisées.
Mais alors pourquoi se souvenir ? La mémoire serait-elle à effacer pour pouvoir avancer ? Tel ce traitement, le protocole 6C, développé en 2017 au sein de l’armée israélienne afin de « déchoquer » les personnes risquant de souffrir de stress post-traumatique.(*3) Afin d’oublier ? Pour encaisser encore plus ?
Peut-on rester acteur de sa vie si l’on oublie ? Quand de la même façon peut-on vivre quand on est hanté par des expériences traumatisantes, quand notre confiance a été trahie, quand la peur est activée en permanence, qu’elle soit celle d’un virus, d’une attaque terroriste, de tout perdre et n’avoir plus de quoi même survivre, de la destruction de la planète, et maintenant d’une troisième guerre mondiale.
Ces printemps que l’on ne peut vivre, de cette confiscation aux Français de ce mois de mars 2020 si ensoleillé, à maintenant craindre l’avenir quand il serait question d’une « menace russe », telle que la présente Macron lors de son allocution de ce 5 mars 2025, duquel se dégage un sentiment étrangement familier. Cette impression de copié-collé avec cette même solennité jouée, à nous présenter cet ennemi à combattre qu’il soit hier un virus ou aujourd’hui la Russie.
À l’inverse des enfants et des écrivains qui ont des amis imaginaires pour créer leur univers, les Russes seraient-ils devenus les ennemis imaginaires de Macron ? Là pour détruire. D’aucuns avancent que cette allocution qui focalise sur la guerre serait en réaction aux émissions de Candace Owens affirmant notamment que Brigitte Macron serait un homme. Autre diversion quand il serait aussi question que Macron veut s’acheter une voiture ; après s’être pris pour Mac Gyver, il voudrait la même Aston Martin que James Bond. Un canular ? Les mensonges de Macron, tel l’arroseur arrosé, se retourneraient contre lui. Et si c’était vrai ? Et cette dernière livraison en date par Paris Match, avec la fille de Brigitte Macron Tiphaine Auzières filant le grand amour avec Cyril Hanouna, cet animateur obligé de quitter C8 supprimée pour reprendre immédiatement ses quartiers sur M6.
Cette fermeture de C8 aurait-elle déliée (un peu) la langue de Vincent Bolloré, qui dans le JDD (*4), qualifie les propos de Macron de surenchère de la peur. Pourquoi y tenir à ce point à cette guerre ? À se demander ce qu’il se passerait pour Macron si la guerre ne se déclenchait pas vu son insistance ?
Que pourrait-il craindre ? Rappelons que pour l’instant même si la levée du secret défense sur la gestion dite sanitaire durant le Covid révélait des « manquements », il ne pourrait être accusé de crimes pour haute trahison, délit qui a été supprimé dans la Constitution en 2007 par Sarkozy(*5). Une sage précaution par anticipation ?
À moins que ce soit seulement une question d’argent ? Qui ferait traduire sa demande de la « force d’âmes »(*6) des Français par celle de leurs épargnes ? N’est-il pas question de la conversion de la France à des « finances de guerre » ? Quand depuis le 20 mars 2025, il est fait des propositions afin de « mobiliser l’épargne privée des Français ».
D’encore prendre l’argent des Français, qui par miracle ont quand même réussi à épargner un peu ; tout ce qui n’a pas pu être pris par les taxes et les impôts, qui ne cessent de s’intensifier. Qui peut encore croire que ces prélèvements sont à cause des bénéficiaires d’allocations d’aides, accusés d’être des assistés ? Que ce serait le prix de la solidarité ? Les Français informés savent qu’il n’en est rien.
Comme le dit Philippe Pascot dont le dernier livre s’intitule Pilleurs d’État, encore et encore : « Plus vous saurez moins ils pourront ». De ce savoir qui voit la tentative de Macron à tenter de leur faire croire qu’ils sont encore redevables ! Ces paroles ne pourront avoir prise sur eux, d’autant plus sur ceux qui ont tant perdu depuis son arrivée à l’Élysée.
Que comprendre d’autre quand Macron nous dit : « (…) on s’était habitué à se demander ce que le gouvernement pouvait faire pour nous, et il en fait beaucoup, et je vais vous dire, on est un des pays où le gouvernement fait le plus à tous les ages de la vie, on rentre dans une époque où chacun d’entre nous doit se demander ce qu’il peut faire pour la nation française et la république. (…) et puis je reviendrai vers vous pour vous mobiliser, si je puis dire, sur différents registres. »
En laissant planer le mystère sur ce que seraient ces « différents registres », sous-entendant un : suite au prochain épisode parce que je n’en ai pas fini avec vous, pas fini de vous prendre ce qu’il peut encore vous rester ?
Les Français, qui ont compris qui l’on entretient réellement, à savoir toute cette organisation politique actuelle à vivre grand train, sont-ils d’accord ? Surtout quand une partie de plus en plus importante de cet argent sert à poursuivre une guerre qui ne devrait pas nous concerner. Cette « aide » en Ukraine plusieurs fois renouvelée, quand en plus aider signifie faire prolonger une guerre meurtrière qui extermine la population ukrainienne. Est-ce cela que veut le peuple ukrainien ? Est-ce cela que veut le peuple français ? Quand nos députés votent une résolution pour l’Ukraine, cela pour résoudre quoi si c’est pour alimenter ce conflit aussi sanglant qu’inutile ? Est-ce pour valider l’obtention de Van der Leyen de 800 milliards d’Euros donnés par les membres de l’UE, afin de « réarmer l’Europe », donc de faire que l’UE combatte cet autre pays de l’Europe qu’est la Russie !(*7)
Doit-on être soulagé qu’aujourd’hui Macron et consorts demandent aux Français à participer financièrement à ce qui s’apparente à un « effort de guerre », quand demain ils n’auront peut-être plus à le faire avec l’Euro numérique programmé pour ce mois d’octobre 2025 ; cet euro numérique vendu avec celle litanie, du « tellement plus pratique » pour les gens ! Et pour cause.
En attendant il s’agirait de nous faciliter cette épreuve de cette « menace russe » proclamée avec cet envoi avant l’été d’un prospectus de quelques pages à nos frais, intitulé : « Votre kit d’urgence – 72h », tel un mode d’emploi pour un jeu pour enfant, sous forme de petits dessin tellement colorés ! Qui peut croire que c’est ce veulent les Français, que c’est ce dont ils ont besoin ?
Macron peut-il encore réussir à convaincre d’autres politiciens à le suivre, même encore certains Français, avec ce gadget, comme avec ces accusations sans preuves, qualifiant les dires de la Russie de « déclarations dilatoires »(*8), quand il semble que ce soit plutôt lui qui tente de gagner du temps pour faire taire les Français, à activer leur peur d’une possible guerre, au lieu de travailler pour enrichir le pays.
Plus des Français concevront qu’une guerre va se produire dans les mois qui viennent, plus leur attention sera aimantée sur cet évènement, plus ils ne percevront plus la réalité de ce qui est, plus leur attention sera aveugle à ce qui sortira de leur champ d’attention. Plus ils auront ce qu’on appelle en psychologie des « hallucinations négatives ». Qui génèrent cette croyance absolue de ceux qui acceptent sans s’interroger, qui obéissent comme hypnotisés. Quand il n’y a rien de plus tyranniques que ceux qui obéissent, qui ne sont pas libres, à ne pas supporter la liberté de ceux qui doutent, comme on continue le voir au sujet du Covid.
Sont-ce le cas des contre-pouvoirs en place qui obéissent, ou n’ont intérêt que d’obéir ? Ceux qui se disent contre Macron, qui pourraient légalement le faire quitter la scène de la présidence de la France, mais ne le font pas. Qui risqueraient de faire réaliser en le destituant, que la vraie menace pour les Français n’est pas la menace russe, mais Macron en président de la République ?
N’est-ce pas ce qu’ont compris les Roumains de ceux qui ont le pouvoir actuellement, qui se révoltent quand un de leur candidat pourtant donné favori a été retiré de l’élection présidentielle pour des motifs peu crédibles ? Eux qui ont eu le couple Ceausescu au pouvoir, quand leur mémoire ne semblent pas faillir. N’est-ce pas aussi le cas pour les Serbes qui manifestent sans relâche à Belgrade, qui seraient aujourd’hui exposés à une nouvelle arme anti-manifestation, à coup d’ondes sonores – une technologie développée par les Israéliens pour le contrôle des foules, les mêmes que pour le protocole C6 (!) – une arme non létale mais qui créerait des dommages irréversibles.(*9)
N’est-ce pas ce que tout un chacun peut comprendre quand la mémoire lui revient ? La mémoire de ce qui la pu le traumatiser, comme celle des jours heureux. Et si la meilleur façon de gérer les traumas n’était pas d’oublier, mais d’au contraire s’en souvenir, comme de se rappeler ce qui est beau et joyeux dans notre vie ? Ce qui permet d’à la fois de, s’alléger et se souvenir. Ainsi se libérer de la mémoire sans oublier. Pour s’autoriser à avancer. Pour agir pour demain dès aujourd’hui.
C’est réussir à voir se déployer ce printemps 2025. Même quand Macron nous dit mener deux combats que sont la guerre et le terrorisme (*10), déclarant en notre nom, ne plus vouloir subir, de choisir le destin qui est le nôtre, notre droit à la vie tranquille. Mais quand les combats de Macron ont-ils apporté ces finalités parfaitement légitimes ? Tous les Français ne sont pas amnésiques, et parfois même s’informent. J’en veux pour preuve que la menace climatique a perdu son attrait pour valider les taxes. Même qu’il y aurait un grand renoncement de l’écologie – de l’écologisme en réalité – en France et dans le monde.(*11)
Ce qui ne décourage pourtant pas Anne hidalgo à continuer à Paris, sous couvert de son sens très personnelle de la démocratie, quand après avoir démoli de nombreuses routes accessibles aux automobilistes, en plus des places de stationnement, à demander après coup aux Parisiens de voter « Pour ou contre, végétaliser et rendre piétonnes 500 nouvelles rues réparties dans tous les quartiers » ! Bientôt nous demandera-t-elle si nous sommes « pour ou contre » les ZFE ?
Il y a encore beaucoup à ne pas oublier ! Quand nous ne sommes pas encore débarrassés de cette mesure de changement d’heures tous les six mois, au prétexte d’économie d’énergie, que j’ai qualifié de « mesure-glue », qui nous colle en continue depuis 1976 !(*12) qui a pourtant failli enfin sauter en 2021, mais ajourné pour cause de Covid ! Serait-il plus facile pour les pays de l’UE de s’entendre pour prendre l’argent des populations, même pour se mettre en guerre contre un ennemi déclaré, que trouver une harmonisation des horloges pour sortir d’une mesure sans fondement ?
Gardons en mémoire ce cycle naturel des saisons, qu’après l’hiver, même l’hiver démocratique figé par certains, arrive cette nouvelle saison, qui nous permet d’enfin nous accorder avec « Le Printemps », cette chanson de Michel Fugain (*13) :
« Y’a le printemps qui te réveille / t’as le bonjour du printemps »
Des Aphorismes et cætera, Laurence Waki (le 22/03/2025)
(*1) 👉https://laurencewaki.wordpress.com/2020/03/11/politique-francaise-mars-2020/
👉https://laurencewaki.wordpress.com/2021/03/10/politique-francaise-mars-2021/
👉https://laurencewaki.wordpress.com/2022/03/04/politique-francaise-mars-2022/
👉https://laurencewaki.wordpress.com/2023/03/10/politique-francaise-mars-2023/
👉https://laurencewaki.wordpress.com/2024/03/15/politique-francaise-mars-2024/
(*2) https://laurencewaki.wordpress.com/2018/03/01/politique-francaise-mars-2018-2/
(*9) https://x.com/oktouko/status/1901023932888564025?s=46
(*12) https://laurencewaki.wordpress.com/2023/11/19/politique-francaise-novembre-2023/
(*13)https://www.youtube.com/watch?v=y9zEUumBU3k
Source : Laurence Waki
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