Les geeks sont de plus en plus influents dans la gendarmerie
Dans la gendarmerie, c’est devenu l’une des unités les plus importantes. Il s’agit de la cellule d’identification criminelle et numérique. A Auxerre, ils sont 6 gendarmes à œuvrer dans l’ombre d’un laboratoire. Et ils peuvent presque tout faire.
Le développement des nouvelles technologies au sein de la gendarmerie coïncide avec un événement qui a fait un retour violent dans l’actualité ces dernières semaines. Une affaire qui a marqué profondément la gendarmerie – et le grand public – comme l’explique l’adjudant chef Sébastien Pichon : C’est facile, ça date de l’affaire Grégory où la gendarmerie s’est remise en question sur la prise en compte d’une scène de crime. A ce moment-là, on a commencé à créer des gendarmes spécialisés dans tout ce qui est de l’ordre de la prise en compte d’une scène d’infraction. »
Des bons résultats et des moyens en hausse
Et cette cellule d’identification criminelle et numérique qui comporte 6 gendarmes, s’est effectivement largement développée. Avec un nouveau laboratoire ou encore un camion laboratoire il y a 4 ans. Alors, forcément, ça a un coût mais le taux d’élucidation des affaires est notamment porté par ces techniciens spécialistes comme le détaille le chef de l’unité, l’adjudant chef Sébastien Pichon : « Disons que pour une grande partie des scènes de vol avec arme, à chaque fois, on a réussi à avoir une preuve soit ADN soit de type empreinte digitale permettant d’aiguiller le directeur d’enquête pour solutionner son affaire.« Un taux d’élucidation élevé qui explique que la gendarmerie dégage de plus en plus de moyens pour ces unités techniques.
Anthony Walisewsky est responsable de la partie informatique et numérique. Et comme il l’explique, les ordinateurs et téléphones portables sont devenus de véritables trésors pour résoudre des enquêtes : « De nos jours, lorsque vous faites une analyse de téléphone portable, vous en apprenez souvent beaucoup plus sur la personne qu’en l’interrogeant directement. Après, c’est vrai que l’on est dans une période où les gens partagent beaucoup de choses et ne se préoccupent pas trop de ce qu’ils disent sur internet. Et c’est vrai que c’est une source importante d’informations et pour nous, et malheureusement pour les criminels aussi. »
J’ai 3 ordinateurs avec chacun à peu près 2 écrans.
Le Geek de la gendarmerie de l’Yonne
Parmi ces hommes de l’ombre il y a donc Anthony Walisewsky, le responsable de la partie informatique et numérique, qui fait encore pour le moment bureau à part. Son bureau personnel est au bout d’un couloir, une dizaine de mètres carré, personnalisés et rempli d’écrans d’ordinateur : « J’ai 3 ordinateurs avec chacun à peu près 2 écrans. Je travaille avec certains ordinateurs pour faire des analyses de mobiles et d’ordinateurs [saisis]. Je me sers d’autres pour faire du traitement de texte, donc c’est avant tout pour être plus rapide pour mes camarades. »
Anthony Walisewsky a 29 ans et forcément dans la brigade, on l’appelle souvent LE geek… Un surnom qui lui colle déjà à la peau comme l’indique l’adjudant chef Sébastien Pichon : « Oui c’est ça, le Geek. Et bien parce qu’il est à fond sur les réseaux sociaux. L’informatique c’est sa passion. Alors que nous par rapport à ça, tout ce qui est informatique, on n’est un peu moins spécialisé. »
Je suis de plus en plus sollicité
Un surnom un brin moqueur, mais aussi un peu admiratif quand même… Et pour cause Anthony Walisewsky a un rôle capital au sein de la cellule identification criminelle et numérique d’Auxerre… Un rôle important dont il a bien conscience : « C’est vrai que je suis de plus en plus sollicité parce qu’ils savent que le numérique est indispensable de nos jours. Qu’on fasse n’importe quel dossier de stupéfiants, de terrorisme, il y a toujours des ordinateurs [à analyser]. »
Et Le geek de la gendarmerie de l’Yonne ne fait pas que récupérer et désosser des ordinateurs et des portables, il effectue aussi des veilles de sa propre initiative. Et la richesse de son métier c’est qu’il n’est pas un geek comme les autres enfermé dans son bureau, lui parcourt aussi le terrain avec ses collègues.
La pédopornographie, le gros point noir dans de la cybercriminalité
Parmi ses domaines de compétence, il s’est beaucoup occupé du terrorisme dans le cadre des perquisitions z’administratives. Mais sa principale activité concerne la cyber-pédopornographie et pédophilie :« C’est quand même un gros point noir au niveau de la cybercriminalité. On en parle moins car c’est plus souterrain mais c’est une grosse partie du boulot au niveau de la cybercriminalité. »
Les petites entreprises, les plus vulnérables dans les fraudes et arnaques
Selon lui, le manque d’information des particuliers et des entreprises et le principal souci dans ces affaires. Notamment dans les escroqueries, les petites entreprises manquent bien souvent de connaissances : « Les petites entreprises ne se pensent pas forcément vulnérables à ce type de faits. Elles ne pensent pas à protéger leurs données, or, des choses bénignes pourraient les empêcher d’être victime de ce type de faits là, comme simplement de faire des sauvegardes pour empêcher par exemple un rançon logiciel de crypter toutes leurs données. »
Et actuellement, la cellule d’ identification criminelle et numérique de l’Yonne travaille sur une quarante affaires en même temps… Et dans la plupart des cas, elles parviennent à un résultat positif.
Le conseil de l’unité pour les auditeurs France Bleu Auxerre qui ont prévu de partir en vacances : Verrouillez bien vos portes en partant et en cas de cambriolages, ne touchez en aucun cas la scène d’infraction car c’est sans doute grâce à ça qu’ils pourront démasquer le coupable !
Source : France Bleu
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